Vérifié le 4 septembre 2026 · sources Légifrance et accessibilite.numerique.gouv.fr
RGAA et sites de mairie : ce que la loi impose vraiment
Toutes les communes sont concernées, sans seuil de population. Quant aux sanctions, deux régimes coexistent et un seul est en vigueur — ce qui explique pourquoi les montants annoncés varient du simple au vingtuple d'une page à l'autre. Voici le point à jour, article par article.
La réponse en trois phrases
Toute commune, quelle que soit sa taille, doit rendre son site accessible et publier trois documents : une mention de conformité en page d'accueil, une déclaration d'accessibilité et un schéma pluriannuel.
Le contrôle relève de l'Arcom, qui peut prononcer jusqu'à 50 000 € pour un défaut de conformité et 25 000 € pour un manquement aux obligations déclaratives. Les anciennes amendes du décret de 2019 — 2 000 € et 20 000 € — sont, elles, abrogées depuis le 27 août 2026 : c'est ce qui explique les chiffres contradictoires que l'on lit sur le sujet.
Être partiellement conforme n'est pas une faute : ne rien déclarer du tout en est une.
Qui est concerné
L'obligation découle de l'article 47 de la Loi n° 2005-102 du 11 février 2005, article 47 — accessibilité des services de communication au public en ligne, précisé par le Décret n° 2019-768 du 24 juillet 2019. Sont soumis :
- toutes les communes, quelle que soit leur taille — il n'y a pas de seuil de population
- les EPCI, départements et régions
- les personnes morales de droit public en général
- les organismes privés chargés d'une mission de service public
- les entreprises privées dont le chiffre d'affaires dépasse 250 millions d'euros, en moyenne sur trois exercices
Il n'y a pas de seuil de population. C'est la méprise la plus répandue. Une commune de 200 habitants est soumise aux mêmes obligations qu'une métropole — seuls les moyens diffèrent, pas le droit.
La conformité s'apprécie au regard des normes harmonisées publiées au Journal officiel de l'Union européenne — en pratique la norme EN 301 549, qui reprend les critères WCAG 2.1 de niveau AA. Le RGAA en est la déclinaison française et sert de méthode d'audit. Voir le RGAA — champ d'application.
Les trois documents à publier
Il faut distinguer deux choses souvent confondues : rendre le site accessible, qui est un travail technique et éditorial continu, et publier les trois documents qui rendent compte de cet état. Ce sont ces derniers qui étaient directement sanctionnés, et ce sont les plus simples à mettre en règle.
- 1
La mention de conformité, en page d'accueil
Le site doit afficher son état de conformité — « totalement », « partiellement » ou « non » conforme — visible dès la page d'accueil. C'est l'obligation la plus simple à remplir et la plus souvent manquante.
- 2
La déclaration d'accessibilité
Un document public et détaillé : le référentiel appliqué, le taux de conformité obtenu, la liste des contenus non accessibles et leurs justifications, la date d'établissement, et un moyen de contact pour signaler un défaut d'accessibilité.
- 3
Le schéma pluriannuel de mise en accessibilité
Un document de trois ans maximum décrivant la politique d'accessibilité de la collectivité, décliné en plans d'action annuels. Il doit être publié, et non simplement rédigé.
Ce qu'on risque réellement
C'est l'Arcom qui contrôle et sanctionne, sur le fondement de l'article 47-1 de la loi de 2005 : jusqu'à 50 000 € pour un défaut de conformité et 25 000 € pour un manquement aux obligations déclaratives.
Qui contrôle, et sur quel fondement
Depuis l'ordonnance n° 2023-859 du 6 septembre 2023, l'article 47-1 de la loi n° 2005-102 confie à l'Arcom le contrôle du respect de l'obligation d'accessibilité et le pouvoir de sanction. Les manquements sont constatés par des agents assermentés. Les collectivités territoriales sont pleinement dans le champ, au même titre que les autres personnes morales de droit public. Voir l'Ordonnance n° 2023-859 du 6 septembre 2023 — création de l'article 47-1, contrôle et sanction par l'Arcom et la page de l'Arcom — accessibilité des sites et des services numériques.
Les montants
L'Arcom peut prononcer une sanction pécuniaire pouvant atteindre 50 000 € en cas de manquement aux exigences d'accessibilité, et 25 000 € pour les manquements aux autres obligations — absence de déclaration d'accessibilité, absence de schéma pluriannuel, absence de dispositif permettant de signaler un défaut d'accessibilité. Le montant est modulé selon la nature, la gravité et la durée du manquement.
L'autre régime, abrogé le 27 août 2026
À ne pas confondre avec un autre changement, récent : jusqu'au 26 août 2026, l'article 8 du décret n° 2019-768 prévoyait en plus une amende administrative de 2 000 € pour les communes de moins de 5 000 habitants et 20 000 € pour les autres. Le décret n° 2026-816 du 24 août 2026, entré en vigueur le 27, a abrogé cet article et renommé le chapitre « Sanctions et suivi » en « Suivi ». Ces montants-là ne sont donc plus applicables — mais le régime de l'article 47-1, lui, demeure entier. Voir le Décret n° 2026-816 du 24 août 2026, modifiant le décret n° 2019-768.
Ce que le décret de 2026 met à la place
Le même décret de 2026 crée un suivi annuel de la conformité des sites publics par le ministre chargé des personnes handicapées, assorti d'un rapport à la Commission européenne tous les trois ans. Le dispositif se déplace donc vers un contrôle organisé, sans que le pouvoir de sanction de l'Arcom soit affecté.
Pourquoi les chiffres se contredisent d'une page à l'autre. Les deux chiffres qui circulent sont donc justes chacun à sa place : 2 000 € et 20 000 € relevaient du décret et sont abrogés depuis le 27 août 2026 ; 50 000 € et 25 000 € relèvent de l'article 47-1 et de l'Arcom, et sont en vigueur.
Comment savoir où en est votre site
Un audit complet porte sur les 106 critères du RGAA appliqués à un échantillon de pages, et demande plusieurs jours. Avant d'en arriver là, une commune peut lever la plus grande part du doute elle-même : les trois obligations déclaratives se vérifient en dix minutes, et une douzaine de points techniques se contrôlent à l'œil ou au clavier.
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Corriger, ou refondre
La réponse dépend de l'âge du site. Sur un site récent et correctement construit, les écarts se corrigent : contrastes, intitulés de liens, descriptions d'images, structure des titres. C'est du travail éditorial, souvent à la portée de la commune elle-même une fois qu'elle sait quoi regarder.
Sur un site ancien, dont le thème n'a pas été conçu pour l'accessibilité, corriger revient à reconstruire par petits bouts, plus cher au total qu'une refonte. Le seuil se situe en général autour du gabarit : si la navigation, le contraste et le comportement au clavier sont à revoir, c'est la base qui est en cause.
Le financement. La mise en accessibilité d'un site communal peut entrer dans un projet éligible à la DETR ou à la DSIL lorsqu'elle s'inscrit dans une démarche de transformation numérique. Cela se prépare avec la préfecture, en amont du dépôt du dossier.
Questions fréquentes
- Toutes les communes sont-elles concernées par le RGAA ?
- Oui, sans exception et sans seuil de population. L'obligation d'accessibilité des services de communication au public en ligne s'applique à toutes les personnes morales de droit public : une commune de 200 habitants y est soumise au même titre qu'une région. C'est le point que la plupart des élus découvrent tardivement, parce qu'ils supposent un seuil qui n'existe pas.
- Quelles sont les amendes en cas de non-conformité RGAA en 2026 ?
- Deux régimes coexistent, et c'est ce qui explique les chiffres contradictoires qu'on lit partout. Le régime applicable est celui de l'article 47-1 de la loi n° 2005-102, créé par l'ordonnance du 6 septembre 2023 : l'Arcom contrôle et peut prononcer jusqu'à 50 000 € pour un manquement aux exigences d'accessibilité et 25 000 € pour un manquement aux obligations déclaratives — absence de déclaration, de schéma pluriannuel ou de dispositif de signalement. Le second régime, l'amende administrative de 2 000 € pour les communes de moins de 5 000 habitants et 20 000 € pour les autres, figurait à l'article 8 du décret n° 2019-768 : il a été abrogé le 27 août 2026. Les pages qui annoncent 50 000 € ont donc raison ; celles qui annoncent 2 000 ou 20 000 € citent un texte qui n'existe plus.
- Quelle est la différence entre le RGAA et être conforme ?
- Le RGAA est la méthode française d'évaluation ; la conformité s'apprécie au regard des normes harmonisées publiées au Journal officiel de l'Union européenne, en pratique la norme EN 301 549 qui reprend les critères WCAG 2.1 de niveau AA. Le RGAA sert à mesurer, la norme fixe le niveau à atteindre.
- Une commune peut-elle être « partiellement conforme » sans être en faute ?
- Oui. La loi n'impose pas la perfection, elle impose la transparence et le progrès : afficher l'état réel de conformité, publier une déclaration d'accessibilité qui liste les contenus non accessibles, et publier un schéma pluriannuel décrivant comment on compte s'améliorer. Un site partiellement conforme mais correctement déclaré est en meilleure posture qu'un site qui ne déclare rien.
- Combien coûte un audit RGAA pour un site de mairie ?
- Les prestataires du marché annoncent généralement entre 2 000 € et 10 000 € HT selon la taille du site et le nombre de pages échantillonnées, un audit complet portant sur 106 critères appliqués à un échantillon de pages. Pour une commune, la mise en conformité peut être éligible à la DETR ou à la DSIL lorsqu'elle s'inscrit dans un projet de transformation numérique.
- Par où commencer quand on ne sait pas où on en est ?
- Par les trois obligations déclaratives, qui se vérifient en dix minutes sans compétence technique : la mention de conformité en page d'accueil, la déclaration d'accessibilité et le schéma pluriannuel. Ce sont les manquements les plus fréquents et les plus visibles. Notre auto-diagnostic gratuit les couvre, avec douze autres points contrôlables à l'œil.
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